Premier livre d'Amado pour la plupart d'entre nous, « Cacao » figure parmi les premiers romans de cet auteur brésilien porte parole d'un peuple en proie aux luttes sociales pour la conquête des terres du cacao.
Le Nordeste est une région particulièrement pauvre où les travailleurs n' ont pas d'autre choix que de tenter de survivre en restant sur les plantations ou soit d'aller grossir les rangs des laissés pour compte des grandes villes comme Sao Paulo. Témoignage autobiographique ? Jorge Amado est issu de « cette terre violente ». Est-ce un roman au sens où on l'entend habituellement, un roman engagé, un roman historique, autobiographique ou bien une chronique ou encore un documentaire, « Cacao » fut ainsi catalogué selon l'angle de vue de lecture. L'auteur aborde le thème de l'exploitation de l'homme par l'homme pour déboucher sur la lutte des classes, il décrit des situations telles que l'absence d'espoir plus qu' une évocation précise de personnages pourtant chargés d'humanité. Ecrit d'un style sec, aride comme ces grandes terres du Sertao où seul pousse le cacao, le livre présente une vision manichéenne du rapport de classes. Le style n'est pas sans rappeler Erri de Luca, sur le plan du contenu, Steinbeck, Brink, ont été évoqués, ainsi que tous les écrivains qui se sont intéressés à ce thème universel de lutte des classes.
Fallait-il commencer par ce livre pour découvrir cet illustre auteur traduit dans tous les pays ? Pour ceux qui aiment les livres courts, brefs, concis, sans aucun doute, pour d'autres, plus habitués aux descriptions de personnages baroques, le style inhabituel pour un roman sud-américain, a plutôt déconcerté. Roman fondateur de toute la vie de cet auteur qui a d'abord mené en parallèle un engagement politique au côté de ses frères de sang et une carrière d'écrivain se décrivant « trouvère populaire », Cacao laisse entrevoir les thèmes récurrents de son œuvre.
Amado se consacrera ensuite à une littérature, plus classique, pleine d'humour caustique toujours centrée sur ce peuple de Bahia foisonnant, sensuel où se côtoient les prostituées au grand cœur, les travailleurs exploités, illettrés, la misère au quotidien, les patrons paternalistes. « Bahia de tous les saints » ou encore « Gabriela » sont de cette veine et marquent le début de sa seconde période.
- Nicole, le 10/03/2006

- Du même auteur : Bahia de tous les saints Jorge Amado
L'histoire de Baldo se passe au Brésil dans les années 40 dans la baie de Rio, depuis sa vie chez sa tante vers l'âge de 10 ans, ses parents étant morts, jusqu'à son retour vers 22 ans.
Cette vie de vadrouille, d'errance dans les rues, de débrouillardise, lors de son enfance surtout après la folie de sa tante et de son enfermement va le faire grandir plus vite que prévu sur le plan maturité mais non par la taille.
Puis il sera placé dans une famille riche et blanche pendant quelques années où il est relativement bien traité et mangeant à sa faim et jouant avec la fille de la famille dont il va tomber amoureux ce qui entraînera sa disgrâce : on ne tombe pas amoureux d'une blanche riche quand on est noir et pauvre !
Puis il va errer, voyager, rêver, sans s'éloigner trop de Bahia et y revenir.
Pendant cette vie difficile il fait la manche, écrit des poèmes qu'il vend, devient pour un temps boxeur, travaille dans des usines, dans une cacaoyère, sur les docks, il rencontre des amis, retrouve très souvent son groupe de copains, a beaucoup de relations sexuelles, rêve au clair de lune sur la plage, entraide ses copains et rue dans les brancards quand des très jeunes filles sont prises pour femmes.
A travers l'histoire de ce jeune, l'auteur nous montre toutes les difficultés rencontrées à cette époque par les noirs et les métisses, le problème blancs-noirs, la misère et la maltraitance et les abus sexuels et autres, les difficultés à trouver du travail, le travail excessivement mal payé, le chantage, le pouvoir patronal, les relations de pouvoir des gens entre eux mais aussi parfois les relations amicales, l'entraide et la solidarité, leur richesse de coeur et notamment celle de Baldo.
Histoire non manichéenne et sans jugement où les gens sont emportés dans leur vie et sont amenés à avoir de telles actions qu'ils soient riches ou pauvres, blancs ou noirs.
Tout le livre est soutenu par l'idée que Baldo est un bagarreur, un lutteur, un défenseur poussé par il ne sait quoi et qui sent et réalise que quelque chose peut changer surtout s'il respecte la parole de l'autre ; on sent qu'au fil de l'histoire son vécu l'amène à être moins primaire et réactionnaire et plus réfléchi puisqu'il va élever celui qui deviendra son fils ( celui de la fille blanche qu'il a aimé en rêves et qui va mourir après une grande déchéance.
- Nicole, le 10/03/2006

- On ne lit pas un roman comme on lit une nouvelle ou un essai et je classerai plutôt celui-ci comme une nouvelle.
Au début j'ai eu du mal à me laisser porter par le roman à cause du manque de précision des personnages et du langage parlé
Puis à partir de l'instant où le sergipano arrive à la cacaoyère j'ai pu passer outre et l'histoire devient plus intéressante à cause de la relation avec ses collègues
Les touches effleurées des comportements des uns et des autres sont intéressantes et montrent la délicatesse de l'auteur et son absence de jugement mais manquent d'approfondissement :
Les comportements amicaux
Les comportements de ou des patrons, l'esclavagisme, comment les ouvriers sont coincés
Les hommes font des gosses car il n'y a rien d'autre à faire
La fascination du cacao
Les relations sexuelles avec les animaux
Des filles désirées pour avoir des mains de travailleuse
Les femmes prostituées ou non avec leur contradiction : elles remercient Dieu de les avoir mises au monde et maudissent en même temps leur sale vie !
La conscience des classes pour certains et la puissance de l'entraide avec l'exemple de celui qui fait semblant de rater son ami pour le laisser fuir mais aussi à la fois comme cette entraide est difficile et risquée à cause de la loi de l'offre et de la demande : cette arrivée massive d'ouvriers venant d'une autre région et qui vont accepter de travailler pour encore plus bas, quand on est dans la misère la plus noire peut-être qu'on accepte n'importe quoi
Le sergipano qui a une conscience plus élevée et qui ne se laissera pas emporter pas son instinct et son désir d'avoir la fille du patron qui lui fait des avances et il renonce au fait d'avoir une vie facile avec elle car ce serait en exploitant les autres et ça il ne peut s'y résoudre et il sent qu'on peut vivre autrement et qu'il peut être avec les autres l'artisan d'un changement - nhn, le 25/04/2009

- Quelqu'un pourrait me faire un résume de l'action dans cacao, car je l'ai lu et je n'est pas très bien compris l'histoire. Merci d'avance.
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