Tout a été dit ou presque sur « Madame Bovary » ce grand classique de la littérature du XIXème siècle, ce qui fut le plus intéressant à noter, c’est notre plaisir de lecture ou de relecture pour la quasi unanimité d’entre nous : regard d’adultes pour nous tous qui avons largement dépassé l’âge de l’héroïne. Qu’aurions-nous fait à sa place ? Vit-on toujours ainsi en province ? Comment définir le bovarysme ? Rêverie ou ennui ? S’il s’agit de « se concevoir autre que dans la réalité » alors, nous sommes tous un peu bovarystes. Ce roman tragique ou peu de personnages trouvent leur salut a été écrit à une époque de changement encore peu perceptible de société et à sa sortie il a choqué et provoqué un procés.
Mourir d’ennui ou de remords, Emma choisit de façon violente la seconde solution. Emma aurait pu à la rigueur supporter le côté provincial de son mari mais l’absence de génie, non. L’opération ratée du pied-bot le range définitivement dans le clan des incurables. Pauvre Charles condamné à traîner sa médiocrité. Flaubert s’abstient de tout jugement et si ce livre n’a aucune moralité, il n’en est pas pour autant immoral.
Parmi les passages le plus remarqués, citons la description des comices à mettre en parallèle avec la scène de séduction de Rodolphe, la noce d’Emma et de Charles, le faux dialogue entre Emma et le curé troublé par les polissonneries des garnements dans l’église, la promenade de Léon et Emma en calèche.
- Alice, le 1/02/2006

- J'ai relu "Madame Bovary" il y a quelques années et j'ai été frappée par la modernité du personnage.
Je ne pense pas que Emma ait été une femme "reveuse" ou "ennuyée". Emma était une femme intelligente, plus cultivée que les femmes de son milieu, ambitieuse et volontaire. Elle ressemble à toutes celles qui, encore aujourd'hui, souffrent d'un mortel décalage entre leurs capacités, leur humanité et l'accueil et la place que la société réserve aux femmes.
Emma était bien trop bien pour le milieu de son époque. Géniale, elle serait devenue une George Sand (obligée de prendre un nom d'homme pour exister !), une Sarah Bernhardt (qui vivait quand même comme une pute de luxe vu la nécessité d'être "protégée"), une Malibran ou une autre artiste "légère" faute de pouvoir exister en son nom propre.
Dans son village, le salut d'Emma ne pouvait passer que par la "gloire" des homme (et c'est encore aujourd'hui, en 2006, bien le cas de millions de femmes dans le monde !), son mari chirurgien, le marquis ou Rodolphe.
Des Emma Bovary, j'en rencontre tous les jours : des femmes qui ne peuvent réaliser leurs ambitions dans un monde qui les discrimine. Alors elles dérapent, souvent dans l'auto-flagellation, dans l'hystérie, la dépression, la prostitution, le masochisme, les maux psychosomatiques et parfois aussi le suicide.
Libérons les Emma ! - chakip, le 4/12/2008

- la lecture du roman de flaubert vous emportez vers une epoque où la société était trop imprégnée de préjugés dus essentiellement à l'éducation reçue dont la prédominence de la religion qui avait cloitré la femme dans un role restreint .
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