Bravo pour cette séance exemplaire où les interventions des uns et des autres ont bien été écoutées par tous ! ! ! !
Faut-il réapprendre à lire, prendre son temps, à changer de rythme ? Sans doute, nous diront ceux qui se sont extasiés devant le style, la musicalité des mots du «Testament français». Absence de temporalité, un peu à la manière de Gracq, dans « Le testament français » roman russe par excellence, le temps n'a pas la même teneur, nos esprits rationnels avides d'action se sont lassés des retours en arrière, des répétitions de situation, devant l'immensité des steppes.
«
Je me souvenais qu'un jour, dans une plaisanterie sans gaité,
Charlotte m'avait dit qu'après tous ses voyages à travers
l'immense Russie, venir à pied jusqu'en France n'aurait
pour elle rien d'impossible… ». A Saranza, ville mythique,
tout comme l'est Paris et la France pour ce jeune héros qui découvre
et écoute émerveillé, les récits de sa grand mère
chaque été, lors de ses séjours en vacances, et qui entre
en communion avec cette grand mère si différente, «égarée
dans l'immensité neigeuse de la Russie». Rien n'échappe
au jeune enfant, pas même les amours de Félix Faure qui coïncident
avec l 'émergence de sa libido.
Tiraillé entre son âme russe et ce qu'il pense être
son côté français, il va de l'une à l'autre
de ces identités pour se ranger résolument du côté russe
tout en mettant en avant sa faculté d'émerveiller ses camarades
d'école par des récits insensés et complètement
inconnus sous cette ère stalinienne où la plupart des romans
sont interdits.
Parvenu à l'âge adulte, il se décide à émigrer à Paris, cette ville qu'il ne retrouve pas, qui l'accueille froidement et qu'il veut faire redécouvrir à sa grand-mère, mais trop tard. L'énigme de sa naissance lui est révélée, mais confusément n'était-il pas déjà préparé, en tout cas, sans doute éloigné de cette préoccupation, seul son destin d'écrivain, œuvre messianique le guide dans ses déplacements. Jeune homme d'exception à l'imagination fertile tout comme l'était cette « grand-mère », ce livre est la rencontre de ces deux êtres, l'un qui se révèle à l'autre, le nourrit, l'enrichit.
- Mme terttu Talonen, le 25/03/2008

- Chers amis de la lecture!
Cést que j´ai trouvé, par hazard, vos pages, quand j´ai chassé d´information de "Le Testament Francais" de Andreï Makine, un des livres que j´apprécie très beaucoup. Je suis Finlandaise, dramaturg retraitée. J´étudie le Francais, comme un hobby, dans un cours arrangé par la municipalité. C´est ma institutrice de Francais qui m´a prêté ce livre. Je trouve que l´écrivain a travaillé splendidement avec les plus profondes questions de l´existence. La représentation du développement de l´identité du jeune homme et superbe. Moi-même, comme un descendant d´une famille carélienne (une des 250.000 Finlandais qui étaient forcés de partir de Carélie, comme réfugiés, après la guerre perdue contre l´Union Soviétique), moi je connaîs bien les sentiments entre deux existence. La musique de son style et le rythme avec qui la répétition des événements émergent dans un manier superb - quand même que je ne pouvait pas comprendre la signification détaillée de tous les paroles (à cause de la pauvreté de ma vocabulaire francaise), je pouvais m´extasier de la musique et rythme de sa langue! Il me pouvait surprendre, à la fin, avec les révélations, tellement, que j´ai eu des larmes dans mes yeux.
Je voudrait envoyer mes meilleurs sentiments à l´écrivain, Monsieur Makine, si seulement possible! Terttu Talonen
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